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Je m’baladais sur l’avenue Fö utca à Budapest, le cœur ouvert à l’inconnu,  un soir de 14 juillet, il y a de ça bien des années, quand tout à coup emportée par foule qui roule ,je me retrouve devant un fringant jeune homme, qui au son d’un  accordez accordez accordéon, scandait d’une voix chaude ses «  padam, padam » . Et là je fermai les yeux et je me voyais dans le Paris des années cinquante et je chantais à tue tête avec lui, au grand dam des autres spectateurs, toutes ces chansons du « repertoàr » d’Edith Piaf, Yves Montand ou encore Jacques Brel. Je remarquai non sans une certaine amertume que chez nous, qui chante encore en public ces airs si mélodieux aux paroles entraînantes?

Et pourquoi m’a-t-il fallu redécouvrir à l’étranger ces trésors quasi oubliés des ondes radios françaises? 

Le son clair et vibrant, la gestuelle impeccable. Je dévorais des oreilles ce chanteur de « sanzon » comme on dit ici, une diction parfaite, pas de R qui roulent à la hongroise, la voix posée, juste, chaude, puissante et suave à la fois ; il savait capter, captiver son public. Je restais là, émerveillée et émue de ce petit coin de France dans cette  voix qui m’enveloppait et dans l’air tout autour de moi

Je m’étonnais longuement de la qualité de sa prestation. Je m’étonnais aussi de voir son public tout autant à l’aise pour fredonner avec lui Milord et Amsterdam : ce pays me réserve bien des surprises…. 

« Attila » me dit-on, il s’appelle Attila Bardóczy. Je me demande encore comment le prénom aussi terrifiant du chef des Huns a-t-il pu échoir à un bel homme, un peu poète et surtout troubadour des temps modernes…  

Nous sommes devenus amis, bien sûr.

Claire Hunyadi